NGUDU DIMBU met son expertise au service des communautés locales, des administrations publiques, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile et du secteur privé pour promouvoir une gouvernance territoriale durable, la conservation de la biodiversité et le développement communautaire
NGUDU DIMBU accompagne les communautés locales dans la reconnaissance et la gouvernance durable de leurs terroirs, en favorisant leur participation aux processus de décision relatifs à la gestion des ressources naturelles. L’association œuvre pour que les communautés, dont les droits, les usages traditionnels et les connaissances sont intimement liés à leurs territoires, soient pleinement reconnues comme des acteurs de leur gouvernance.
Au nord du Parc national de Moukalaba-Doudou, les communautés de Peny occupent et utilisent leur terroir depuis le XIXᵉ siècle, bien avant la création du parc en 2002. Les pratiques traditionnelles de gestion et d’utilisation des ressources naturelles ont largement contribué au maintien des écosystèmes et de la richesse biologique qui caractérisent aujourd’hui ce paysage.
Consciente de cette réalité, NGUDU DIMBU accompagne ces communautés dans la cartographie participative de leur terroir, la documentation de leurs usages traditionnels et l’élaboration de règles de gestion compatibles avec la législation sur les parcs nationaux et le plan de gestion du Parc national de Moukalaba-Doudou. Cette démarche vise à appuyer leur demande de contrat de gestion afin de renforcer leur participation à la gouvernance de leur terroir, dans un cadre de responsabilité partagée conciliant conservation de la biodiversité, respect des droits des communautés et développement.
NGUDU DIMBU accompagne les communautés locales dans la conservation de la biodiversité en les plaçant au cœur du suivi et de la gestion de leur patrimoine naturel. Cette approche repose sur la conviction qu’une conservation durable est plus efficace lorsque les communautés participent activement à la connaissance, au suivi et à la protection de la faune et des écosystèmes dont elles dépendent.
Au nord du Parc national de Moukalaba-Doudou, les communautés de Peny sont confrontées à une forte pression liée à la demande en viande de brousse provenant notamment des centres urbains voisins de Mandji, Fougamou et Mouila. En l’absence d’activités génératrices de revenus suffisantes, cette demande encourage le développement de la chasse commerciale, susceptible d’affecter les espèces les plus sensibles et les habitats à forte valeur écologique.
Pour répondre à cet enjeu, NGUDU DIMBU a identifié, avec les communautés, les principaux sites de chasse présentant un intérêt écologique majeur. Deux de ces sites, MAGUENA et SHIGOU, font actuellement l’objet d’un suivi écologique participatif à l’aide de caméras-pièges. Ce dispositif permet de mieux connaître la diversité de la faune, de suivre son évolution dans le temps et de produire des données utiles à la conservation et à la prise de décision. À terme, l’association ambitionne d’étendre ce suivi à quatre sites afin de renforcer la conservation communautaire de la biodiversité à l’échelle du territoire.
NGUDU DIMBU accompagne les communautés locales dans le développement de moyens de subsistance durables afin de réduire leur vulnérabilité économique, lutter contre la pauvreté et diminuer la pression exercée sur les ressources naturelles. L’association est convaincue que la conservation de la biodiversité ne peut être durable que si les populations disposent d’activités économiques viables, respectueuses de l’environnement et génératrices de revenus.
Le village de Peny est situé dans une zone qui connaît une exploitation forestière industrielle depuis 1962. Malgré cette activité économique de longue date, les communautés locales n’ont que très peu bénéficié des retombées de l’exploitation des ressources forestières. Elles restent confrontées à d’importants défis socio-économiques, notamment un accès limité aux services essentiels tels que la santé, l’eau potable, l’électricité et les opportunités d’emploi.
Pour répondre à cette situation, NGUDU DIMBU a lancé dès 2019 un programme de développement de l’apiculture communautaire. Vingt-et-un apiculteurs, dont sept femmes, ont été formés et accompagnés tout au long de la chaîne de valeur, depuis l’installation des ruches jusqu’à la récolte, l’extraction, le traitement et la commercialisation du miel. Les producteurs ont également bénéficié d’équipements adaptés, de ruches modernes et de formations continues, notamment sur la division des colonies, afin d’améliorer le taux de colonisation et d’accroître durablement la production.
Aujourd’hui, ce programme compte 234 ruches installées, produit plus de 250 kg de miel par an et génère plus de 2 500 000 F CFA de revenus annuels au profit des apiculteurs locaux. Afin de diversifier les sources de revenus des ménages, NGUDU DIMBU a également aménagé un verger communautaire de 3 hectares, appuyé par une pépinière produisant des plants sélectionnés de citronniers, manguiers, orangers, pamplemoussiers, safoutiers et corossoliers, des espèces particulièrement recherchées sur les marchés gabonais.
NGUDU DIMBU accompagne les communautés locales dans la prévention et l’atténuation des conflits entre l’Homme et la faune sauvage, en développant des approches innovantes conciliant protection des moyens de subsistance, conservation de la biodiversité et recherche scientifique appliquée.
Comme de nombreux pays d’Afrique centrale, le Gabon est confronté à une augmentation des conflits entre les communautés rurales et les éléphants, principalement en raison des destructions de cultures. Cette situation entraîne des pertes économiques importantes pour les ménages, renforce les tensions entre les populations et la faune sauvage et constitue un défi majeur pour la conservation.
Si les clôtures électriques constituent aujourd’hui l’une des principales réponses proposées, leur coût d’installation et d’entretien limite souvent leur déploiement à grande échelle. Dans cette perspective, NGUDU DIMBU explore une approche innovante inspirée des travaux menés au Kenya par la biologiste Lucy King sur les barrières de ruches, qui ont démontré leur efficacité pour réduire les incursions des éléphants de savane tout en générant des revenus grâce à la production de miel.
L’association conduit actuellement une expérimentation visant à évaluer l’adaptabilité de cette approche au contexte des éléphants de forêt du Gabon. À la suite de la formation des apiculteurs sur la division des colonies d’abeilles, un premier site expérimental a été aménagé avec une plantation protégée par un dispositif de ruches. Cette première phase permettra de finaliser le dispositif, puis d’installer des caméras-pièges afin d’observer et d’analyser le comportement des éléphants face aux abeilles.
L’expérimentation sera progressivement étendue à deux ou trois autres sites au cours des deux à trois prochaines années afin de comparer les résultats dans différents contextes. L’objectif est de produire des données scientifiques fiables permettant d’évaluer le potentiel des barrières de ruches comme outil d’atténuation des conflits entre les communautés et les éléphants de forêt. Si cette approche s’avère efficace, elle pourrait constituer une solution fondée sur la nature, conciliant protection des cultures, conservation de la biodiversité et amélioration des moyens de subsistance grâce à la production de miel.
NGUDU DIMBU conçoit et met en œuvre des programmes de sensibilisation et d’éducation environnementale afin de renforcer les connaissances des communautés locales, des leaders communautaires, des jeunes et des autres acteurs du territoire sur les enjeux de conservation, la gouvernance des ressources naturelles, les droits des communautés et les responsabilités de chacun dans la préservation de la biodiversité. L’association est convaincue qu’une conservation durable ne peut être atteinte que si les populations disposent des connaissances nécessaires pour comprendre leur environnement et participer pleinement à sa gestion.
Les interventions de NGUDU DIMBU couvrent l’ensemble de la zone nord du Parc national de Moukalaba-Doudou, y compris les villages riverains et la ville de Mandji. Elles visent à mieux faire connaître le parc national, ses limites, son exceptionnelle richesse biologique, les règles qui encadrent sa gestion ainsi que les différents acteurs impliqués dans sa conservation. Elles permettent également d’informer les communautés sur leurs droits d’usage coutumiers, les dispositions réglementaires encadrant l’utilisation des ressources naturelles, notamment la chasse de subsistance, ainsi que les responsabilités qui en découlent.
Au-delà de l’information, ces campagnes constituent de véritables espaces de dialogue entre les communautés, les autorités et les partenaires de la conservation. Elles favorisent les échanges sur les défis liés à la gestion durable des ressources naturelles, la prévention des conflits Homme-Faune, les opportunités offertes par le développement de moyens de subsistance durables et la participation des communautés à la gouvernance de leur territoire.
NGUDU DIMBU accorde également une attention particulière à l’éducation environnementale des jeunes. À travers des activités organisées dans les établissements scolaires et les communautés, l’association sensibilise les élèves à la richesse de la biodiversité de leur territoire, aux espèces emblématiques qui les entourent, au rôle essentiel des écosystèmes forestiers et à l’importance de leur préservation pour les générations présentes et futures. En encourageant cette prise de conscience dès le plus jeune âge, NGUDU DIMBU contribue à former une nouvelle génération d’acteurs engagés pour la conservation de la biodiversité et le développement durable.